Les Caillols, plus que le nom d’un club, c’est une marque déposée

Les Caillols, plus que le nom d’un club, c’est une marque déposée

Arsène Manelli, en haut à gauche, « LE » monument des Caillols.

Inutile de présenter le club des Caillols qui a formé nombre de joueurs de renom comme Tigana et Cantona entre autres. Comment ce petit club d’un quartier alors éloigné du centre-ville a-t-il pu faire trembler les plus grands ?

A la fin des années 30 le quartier des Caillols était un village calme et tranquille. Ses habitants qui travaillaient en ville aimaient se retrouver le soir et le week-end pour s’y détendre et suivant le cas cultiver un bout de jardin.
Une seule société sportive existait, la Boule siffleuse. Elle mettait beaucoup d’ambiance dans le village et de temps en temps organisait des concours.

Il y avait pourtant au Caillols une jeunesse pleine de vie et très sportive. Jusqu’en 1939 elle était obligée d’aller pratiquer le football au sein des clubs voisins comme l’AS St Barnabé, le SVH Coder, la JS St Julien, l’USM St Loup, l’UGA, le Galia Club. D’autres clubs plus éloignés accueillaient ces jeunes, le CS Municipal, les AD Nord ou le FC Marseille, tous disparus aujourd’hui.
Le soir, tous ces jeunes gens se retrouvaient dans l’un des trois bistrots pour parler football. Les conversations se terminaient toutes de la même façon : « Ah si nous avions un club au Caillols. L’absence de terrain était un obstacle considérable pour ceux qui voulaient tenter l’aventure.

Néanmoins, il se trouva un groupe de courageux qui mit toute son énergie à lancer l’utopique projet.
À la fin de la saison 38-39, ils montèrent un onze expérimental formé par les jeunes du quartier.
Le premier match fut décisif contre l’équipe de St Barnabé qui comptaient dans ses rangs de nombreux caillolais.
Un grand nombre d’habitants assistèrent au match qui tenait d’un grand événement. Après un début difficile, les joueurs des Caillols triomphèrent facilement sur le score de 4 à 1.
Le retour au village se fit dans la fête. Plus tard, des dirigeants de St Barnabé sont venus chiper quelques joueurs pour renforcer leur équipe, mais la plupart des Caillolais refusèrent de partir afin de ne pas compromettre le début de leur équipe.

Le premier bureau
Le premier président fut Louis Malosse, l’instituteur du village. Il avait deux vice-présidents, Caillols, un employé municipal et un commerçant, Monsieur Reisson. Le secrétaire général était un ouvrier d’aviation, André Fumaroli assisté de Elie Rostand. On trouvait encore dans ce premier bureau Jean Baudin (commerçant), Henri Bonnet (employé), Marcel Pittavino (chauffeur routier), Marius Raso et Louis Olivier, deux maraîchers, un peintre, Fernand Barrera, Roger Martin, un boulanger et bien d’autres encore. Roger Flouret, un typographe, était le délégué au district.

La déclaration de Guerre de 1939 retarda les débuts officiels du club. Le district de Provence organisa quand même un championnat qui ne put aller à son terme en raison de l’armistice du 22 juin 1940. C’est donc avec les moins de 21 ans que le club des Caillols fit ses grands débuts. Les jeunes avaient pour nom Maurice Paulon, Emilien Monti, Jean Beau, Jean Chaffard, Joseph, Marius et Fernand Barrera, Joseph Baudin, Auguste Manelli, Louis et Roger Flouret, Roger Robert et René Trésiny, le seul à ne pas être du village.

Les débuts officiels eurent lieu en octobre 1940 avec le retour des militaires. Le SO avait trois équipes, deux de seniors et une de juniors. Ces derniers ratèrent de peu la phase finale du championnat lors du dernier match à Auberge Neuve. Ils se nommaient Dominique Domerego, André Serradimigni, Derkman, Jean Caritu, Latil, Francis et Raymond Bovero, Tzerkezos, Kouros, Paul Lamblin, Jean-Dao Rey et Ciavaldini.

L’équipe réserve, entraînée par André Fumaroli, finit troisième de son groupe. Elle était surtout constituée par de nombreux débutants.
L’équipe une, invaincue dans son groupe, échoua en finale contre Mazeau Sports de Marseille qui comptait dans ses rangs de nombreux joueurs chevronnés. Bien que perdant 5 à 0 cette journée fût inoubliable pour les joueurs, les dirigeants et les habitants des Caillols. Dans cette équipe, le gardien de but était Maurice Paulon, le capitaine Auguste Manelli.

En ces temps de Guerre, le manque de terrain et l’absence de transports avaient formé une ambiance formidable surtout autour de l’équipe première. Elle devait jouer ses matches au Trois Lucs, un terrain mis à disposition par le Gardia Club de Marseille. Mais le stade n’était pas la porte à côté.
C’était pourtant une occasion de sortie et de rigolade pour les supporteurs, dirigeants et joueurs des Caillols. Les jeunes porteurs de valises se disputaient pour avoir cet honneur.
Au retour, tout ce beau monde se retrouvait au siège pour y boire le pot de l’amitié. Une soirée d’après-match décontractée au cours de laquelle blagues chansons et rigolades ne manquaient pas.
La saison suivante fut moins brillante, une grande partie de l’équipe devant se rendre aux Chantiers de Jeunesse. Pour des raisons familiales ou professionnelles, plusieurs fondateurs durent quitter les Caillols. Le club connut alors quelques années difficiles.

La qualité des terres des Caillols et les restrictions alimentaires de l’époque rendaient difficile l’acquisition d’un terrain. Les occupants allemands s’étaient appropriés les meilleures exploitations agricoles.

A la débâcle allemande, des membres du club aidés par des gens du village prirent possession du terrain de Gerin-Ricard situé le long de l’allée des Cigalons. Après l’avoir déminé, ils le rendirent praticable. Devant la volonté de tout un village la Municipalité l’acheta. Le seul regret de ses dirigeants fut de ne pas avoir vu assez grand. Les ambitions de l’époque se limitant à réunir les jeunes pour la pratique du football. Comment imaginer que par la suite de nombreux jeunes viendraient grossir les effectifs et que le SOC connaîtrait une telle réussite.

La suite, vous la connaissez, mais peut-être pas cette anecdote.
Le SO Caillolais a fusionné une seule fois au cours de son existence. Une fusion fictive tout de même puisqu’elle a eu lieu avec le club des Acieries du Nord. Le club évoluait en Division d’Honneur et devait disparaître, avec cette fusion, il offrait aux Caillols un cadeau royal, leur laissant sa place dans cette division.

Le S.O.Caillols remporta sa première coupe chez les jeunes en 1964 (Crémieux), et bon an mal an, trustait titres et coupes avec comme point d’orgue la saison 86-87 en remportant les coupes Pons, Crouzet et Garau.

La catégorie reine du club est sans conteste celle des poussins : en 1996, ils raflent la coupe et le titre en excellence, honneur et pré-honneur. Ils gagnent encore la coupe en 2000, 2001 et 2002, le S.O.Caillols est à son apogée.

Une autre catégorie, aujourd’hui disparue, le Critérium juniors a été remporté en 1980, 81,82 et 1986. Juste pour situer l’exploit à sa vraie valeur, on pourrait comparer le « Crito » comme on l’appelait à l’époque, à la poule des 19 Nationaux actuellement. Pas mal !

La formation portait donc ses fruits et les meilleurs jeunes « signaient » chez les jaune et bleu, certains allaient connaître un fabuleux destin. Le premier fut Roger Jouve, quelques anciens seulement s’en souviennent, il a brillé à la grande époque de l’OGC Nice. Ensuite le club a vu débarquer les familles Tigana et Cantona, Christophe Galtier, et Peter Luccin, entre autres.

Après avoir connu un léger passage à vide de 2002 (coupes Garau-Crouzet et titre en poussins et benjamins excellence) à 2008 (benjamins excellence) dû en partie à la vétusté des installations, même si les résultats ne sont pas encore là, on sent revenir cette odeur de gagne, ce parfum de victoire qui a laissé des traces dans plusieurs générations de marseillais.

Des infos à faire passer ?

Contactez-nous

Cagnotte

Footamat.info ne fonctionne pas sans vous. Aidez-nous à relater de l'actualité du football amateur dans le sud en participant à notre cagnotte.

 

Participer à la cagnotte en ligne
Si vous souhaitez être partenaire et diffuser votre publicité ci-dessous, contactez-nous en cliquant ici

Publicité

Le calendrier de nos publications

juillet 2017
L M M J V S D
« Juin   Août »
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31